THE plan picking en Australie !

Nous n’avons pas été très assidus sur le blog depuis que nous sommes en Australie alors difficile de se repérer. Pour la faire courte, nous étions courant octobre et venions de traverser l’Australie en quête du fameux gros caillou rouge (Uluru) et nous venions d’arriver sans un sou en poche (ou presque) à Adélaïde. Et oui, Nautilus est assez gourmand et l’Australie est un pays où le coût de la vie est élevé dès le moment où vous voulez visiter ou faire des activités (ben en fait c’est pour ça que nous sommes venus).

Il était donc grand temps pour nous de nous mettre à chercher du travail si nous ne voulions pas que notre aventure s’arrête ici… Après l’expérience des fraises dans le Queensland et ses 5$ de l’heure, autant vous dire, que nous remettre dans le démarchage des annonces Gumtree (sorte de « Le bon coin » où les jeunes trouvent des petits boulots sans qualification) ne nous enchantait guère. Mais rester sur ce parking vide (avec toilettes quand même et ça faut le dire c’est la classe) sous la pluie (et pas la petite pluie hein, il s’agit d’une des pires périodes d’inondation qu’ait connue le South Australia) en banlieue d’Adélaïde ne nous enchantait pas plus.

Malheureusement, il se trouve que la fameuse période d’inondation dont nous venons de parler a détruit la plupart des cultures du South Australia et retardé toutes les saisons du picking (=cueillette) de fruits et légumes. Alors que nous venions de quitter le Queensland et traverser toute l’Australie dans l’espoir de trouver un boulot en haute saison dans le South Australia, force est de constater que c’était tombé à l’eau (sans mauvais jeu de mots hein). Et comme pour nous narguer, un tas d’annonces pour des petits boulots dans des fermes du Queensland étaient apparues sur Gumtree… (en effet, ça aurait pu faire le sujet d’une VDM). Mais ne vous en faîtes pas trop pour nous, notre période de chômage technique s’est révélée bien plus courte que prévue…

Après quelques jours de recherches intensives, de faux espoirs et de profondes déceptions, nous avons trouvé une annonce postée par «Amanda » au sujet de fleurs à ramasser dans le Victoria  (état voisin à seulement 4 heures d’Adélaïde – 4 heures en Australie faut le dire c’est juste à côté). C’était bien la première fois que nous entendions parler de picking de fleurs mais du moment que c’était payé à l’heure (23 $), nous, on prend ! Nous avons donc postulé à l’aide de notre fameux texto préfabriqué où nous nous sommes inventés quelques expériences (il faut ce qu’il faut). Et quelques minutes plus tard la magie a opéré : nous étions embauchés !!! Bon c’est louche quand même, un peu rapide tout ça ! Vaudrait mieux confirmer que c’est bien payé à l’heure. Quelques minutes au téléphone avec Amanda et nous apprenons que nous n’avons pas à ramasser des fleurs mais à en faire des bouquets (plutôt facile) et que c’est payé au rendement (comme les fraises) – 0,25 cents le bouquet. Non merci on a déjà donné ! Amanda a insisté en nous disant qu’elle avait quelqu’un à la ferme qui faisait 100 bouquets de l’heure. Mmm ça fait du 25$ de l’heure ça ! Bien plus rentable que les fraises ! Adjugé nous décidons de tenter l’expérience. Nous sommes tout de même restés aux aguets si jamais un job « payé à l’heure » apparaissait sur Gumtree.

Et bim ! Quelques heures plus tard un certain « Jo » postait une annonce pour du picking de fleurs (encore !) payé à l’heure !! Tiens c’est dans le même coin qu’Amanda. Nous avons donc postulé ! Raté ! Elle venait juste d’embaucher 3 italiens qui ont répondu avant nous. Nous lui avons dit que si jamais ils ne faisaient pas l’affaire nous ne serions pas très loin dans les semaines à venir. Valait mieux garder un plan B au cas où les bouquets de fleurs d’Amanda n’étaient pas très rentables…

Départ pour la ferme…

Le jour J, nous nous présentons à la ferme d’Amanda, parés à faire le maximum de bouquets de fleurs possibles !!  Contrairement, aux fraises, nous ne sommes pas sur une ferme « usine » qui embauche des backpackers à la pelle mais sur une petite ferme familiale. Nous nous garons même devant la maison de famille avant de rejoindre le « shed » (atelier) quelques centaines de mètres plus loin où Amanda nous attend avec quelques travailleurs… italiens… Là, elle nous présente Joséphine mieux connue sous le nom de Jo, sa belle-fille ! Et oui c’était bien elle, l’annonce de picking de fleurs payée à l’heure ! Ha la belle gaffe! Heureusement tout le monde a pris ça en riant.

Amanda nous installe chacun face à une table. À notre gauche, une montagne de fleurs (nous apprendrons très vite que cela s’appelle un « bundle »), à notre droite, une balance et un « coupe-coupe ». L’opération est très simple, il suffit de prendre quelques fleurs du bundle, d’en faire un bouquet (qui répond au doux nom de « bunch »), de le peser (entre 400 et 500g), de le couper (entre 60 et 70cm), de mettre un élastique, puis de le jeter sur un chariot derrière nous. Tout cela le plus rapidement possible afin de gagner le plus d’argent possible ! Plutôt amusant en apparence. Cela deviendra vite notre enfer…

Nous ne le savions pas, mais aujourd’hui Amanda nous testait. Après 30 minutes de travail, elle nous a remercié et dit à demain. Faut croire que nous avons fait l’affaire…

Le lendemain matin, Florent est accueilli par Francesco, un backpacker italien, déjà là depuis 3 mois et qui règne sur la ferme comme un roi sur ses sujets. Aujourd’hui Florent ne « bunch » pas avec moi mais va dans les champs pour ramasser des fleurs et en faire des « bundles ». Nous nous séparons donc ici…

Une journée dans les champs avec Florent

C’est parti ! Fini les conversations de filles dans le shed je pars dans les champs entre mecs ! Football, voiture et blagues salasses sont mes nouveaux sujets de conversations, pas mal hein ? Sinon côté boulot (oui parce que je travaillais quand même), j’étais rémunéré à l’heure 23$ brut (hé hé pas mal hein ! mais en fait Angeline gagnait mieux que moi…). Mon job commençait tous les matins avec les dizaines de kangourous présents dans les champs. Il y en avait de toutes les tailles : des bébés, des moyens et des bodybuildés (je n’aurai pas aimé m’en prendre une par certains je vous assure). Le job en lui-même consistait à couper les fleurs à l’aide d’une petite faux pour les rassembler en bundles (gros bouquet de fleurs d’environs 30 kilos). Il fallait ensuite charger ces « gros bouquets de fleurs » à l’arrière du 4×4 (et croyez-moi ce n’était pas une mince affaire de mettre ces énormes bouquets sur mes épaules – surtout les premiers jours quand mes muscles n’étaient pas encore « préparés ») et à les apporter à Angeline qui nous attendait impatiemment car sans ça elle ne pouvait pas commencer à travailler.

Une fois que l’ensemble des fleurs était piqué, nous allions piquer la Gam (sorte de laurier qui servait à agrémenter les bouquets). En milieu de journée, ce n’était plus les kangourous qui nous accompagnaient mais les émeus. Une bien stupide et idiote bestiole qui nous faisait bien rire. Niveau picking, la méthode était différente, nous piquions directement sur les arbres et nous en faisions des bunches que nous regroupions ensuite en bundles (5 bunches). Pour finir la journée, nous avions les camions les lundi, mercredi et vendredi. En ce qui concerne les autres jours, j’allais aider Angeline à finir de buncher les derniers bundles, et croyez-moi elle était heureuse de me faire une place dans son shed…

Une journée au shed avec Angeline

Et bien me concernant, vous savez déjà tout ! Mes journées consistaient à transformer les bundles rapportés par les garçons en bunches à 25 centimes ! Contrairement à eux, je ne me baladais pas dans les champs au milieu des émeus et des kangourous, je passais mes journées enfermées dans le shed où tout était recouvert d’une épaisse couche de terre, de poussière et de fleurs fanées. Pas étonnant que je sois tombée sur autant d’araignées en si peu de temps (dont deux fois sur les fameuses « red-back », tant redoutées car réputées pour être des araignées à la piqûre mortelle).  Chaque jour, je faisais face à la même table et au même mur recouvert de vieux cartons. Chaque jour, la même radio (Mix FM Horsham) diffusait les mêmes musiques insipides. Chaque jour, j’attendais impatiemment la venue des garçons pour déposer des bundles de fleurs dans le shed, ce qui consistait en ma seule distraction.

Heureusement, et là était ma motivation, peu à peu je prenais le rythme pour enfin atteindre après quelques semaines (et l’entrée en jeu d’une concurrente) le rythme de plus de 100 bunches de l’heure.

Finalement, nous avons tenus 2 mois entiers dans cette ferme, motivés par les rentrées d’argent continues et exponentielles (1 700$ à 2 la première semaine et jusqu’à 2 600 $ à 2 les dernières semaines). En fait, nous gagnions plus d’argent dans cette ferme à faire des boulots répétitifs sans aucune responsabilité plutôt qu’en France en étant Chef de produit ou Ingénieur Packaging !!!

Et pour finir…

Résumons donc tout cela, nous sommes fin décembre, nous venons de travailler très exactement 63 jours chez Amanda plus les 2 jours dans les fraises cela nous fait 65 jours de travail en ferme au compteur. Sachant qu’il en faut 88 pour obtenir le second visa, combien nous en reste t- il à réaliser ? Vous avez 3 minutes……. 23 ! Oui c’est bien cela !

Notre bonne étoile ne nous ayant pas abandonnée, il se trouve que nous n’allons pas avoir à retourner dans le monde merveilleux de Gumtree car Amanda aurait bien besoin de nous, 3 semaines en janvier !! Le travail sera différent mais tout aussi ennuyeux je vous rassure !

Florent continuera à piquer dans les champs. Sauf que cette fois-ci, il ne piquera que de la « Gam ». Tandis que moi j’irais mettre des petits brins d’herbe (qui sont en fait des bébés plantes des fleurs que je bunchais) dans des pots et quand je n’aurais pas assez de pots je les nettoierais. Bref, c’est là qu’on m’a perdu… Janvier, le mois où je suis devenue zinzin…

Et si on veut travailler avec Amanda on fait comment ?

Une chose à savoir avant de se lancer : il y a en fait deux entités distinctes sur la ferme. Wimmera Flowers qui est l’entreprise dont Amanda s’occupe et pour laquelle moi et Florent travaillions. Toutes les fleurs que nous préparions étaient envoyées sur des marchés ou à des grossistes en Australie. Apparemment les Australiens adoraient les fleurs d’Amanda ou autrement dit, nous ne manquions pas de boulot.

Et puis il y a Beats Flowers, ou quelque chose dans le style, gérée par Jo (la belle-fille) et Jeff (le fils). Ici, c’est le même boulot : picking de fleurs et bunch. Mais attention, ces fleurs sont envoyées à l’international (US, Europe…) ce qui fait toute la différence car vous n’utiliserez pas le même matériel et les commandes ne sont pas les mêmes. Premier point, au lieu de mettre des élastiques rouges pour vos bouquets, vous devrez utiliser une machine qui mettra un ruban à votre place et qui passera son temps à se détraquer. Vous passerez donc plus de temps à remettre le ruban dans la machine qu’à faire des bouquets à 0,25 cents. Deuxième point important, il y a beaucoup moins de demandes à l’export. En gros, sur les 3 mois que sont restés les Italiens, ils n’ont réellement travaillé qu’un mois et demi (si vous voulez juste votre visa c’est bon car Jo vous mettra tous les jours, par contre si vous avez besoin d’argent c’est loupé). Bon après, l’activité augmente un peu plus chaque année donc nous ne pouvons pas vous dire ce qu’il en sera pour 2017.

Pour des raisons évidentes nous ne pouvons pas vous communiquer le numéro de téléphone privé d’Amanda ou de Jo mais vous pouvez soit vous débrouiller par vos propres moyens pour entrer en contact avec elle (obtenir un contact auprès de l’office de tourisme d’Horsham), soit nous contacter. Sachez que la haute saison se situe entre juillet et février.

Et côté pratique si vous avez la chance d’être embauché

Si vous voulez retrouver la civilisation, rendez-vous à Horsham, 20 km plus loin. Magnifique petite ville de 15 000 habitants (oui quand même !) dont le seul point d’intérêt se situe au Café Jas. Ils font les meilleurs pancakes que nous n’ayons jamais mangé (jusqu’à 11h30 seulement alors on oublie la grasse mat’) !

Vous pouvez également allez faire un tour à May Parc où vous pourrez profiter toute la journée du wifi gratuit de Telstra Air (seulement si vous avez une carte SIM Telstra) pour télécharger quelques séries à regarder le soir afin de se détendre d’une dure journée de labeur en ferme. Tout ça autour d’un bon Mac Do acheté dans la rue juste en face.

Si vous avez envie d’un peu de confort, vous pourrez dormir au Dadswell Bridge Caravan Park. Vous aurez une douche chaude chaque soir, une cuisine commune ainsi qu’une piscine. 110$ environs une semaine à 2 dans sa voiture/son van/sa tente ou 180$ à 2 en cabine privée.

Sinon, si vous êtes comme nous et que vous préférez dormir dans un endroit qui vous offre chaque jour un coucher de soleil à couper le souffle bon et surtout qui est GRATUIT. Rendez-vous à Green Lake ! Il y a des toilettes, un lavabo pour faire la vaisselle, des barbecues et des écrevisses dans le lac si vous savez pêcher. Que demandez de plus ?

Ne prêtez pas attention aux panneaux « No Camping » faits pour décourager les moins persévérants et installez-vous sur le parking derrière les barbecues ou bien derrière le yacht club. Restez discrets et propres et peut être que comme nous, vous pourrez y passer vos 3 mois ;). Autre alternative : Taylors Lake.

Heu non il n’y a pas de douche à Green Lake pourquoi ? Quoi ? T’as besoin de te doucher ! Tu n’es pas un vrai de vrai backpacker ? Ok, ok on plaisante tu peux te doucher à Horsham. Nous y allions tous les deux jours. Soit tu vas au Caravan à Park et tu pourras prendre une bonne douche bien chaude pour 3$, soit tu vas à la piscine municipale (3,60 $).

Et concernant tes fringues qui vont bien embaumer, tu pourras aller à la laverie sur Firebrace street (4 à 6$ la machine à laver en fonction de la taille et 1$ les 7 minutes de sèche-linge).

Et sinon, s’il vous reste suffisamment de force un jour de repos, il y a un parc National juste à côté à visiter : Les Grampians ! Il faudra aller jeter un œil aux Balconies et aux Mc Kenzie Falls !

Voilà vous savez tout ! Bon calvaire … 😉

Angeline & Florent

Vous pourriez aussi aimer

2 Commentaires

  • Répondre
    Lauriane
    15 février 2017 à 22 h 43 min

    Rha le travail ingrat au possible ! Mais vous vous en êtes bien sortis ^^ Ce genre de plan pourra dépanner un certains nombres de jeunes je pense !
    Et sinon avec bundle, shed et bunsh ou je ne sais quoi, vous m’avez fait bien rire !

    • Répondre
      Travellover
      17 février 2017 à 2 h 33 min

      Oui ça va on s’en est plutôt bien sorti au final 😊 On espère que ça pourra servir et surtout que certains comprennent à quel point ils se font arnaquer 😅 ! Ha ha avec plaisir 😄

    Laisser un commentaire

    *

    error: Bien essayé 😜!